LE SILENCE

Au plus profond de notre monde intérieur, il existe une autre dimension.

Entrons dans notre silence et écoutons battre le cœur de notre âme. 

Le silence, c’est l’absence de bruit et de parole.

 

Je suis née en criant, bruit nécessaire à la toute première Vie, loin du calme et du Silence.

 

Plus tard, on attendra de moi que je bouge, que je parle, que je m’exprime, signe de toute évolution normale d’un enfant. En parallèle, je me devrai d’être sage, calme, de savoir être dans le silence en classe, parmi les adultes, dans la vie sociale… Un paradoxe nécessaire, choisi ou imposé, qu’il me faudra plus tard user et maitriser de façon subtile selon les circonstances.

 

Débattre ici du Silence est contradictoire, puisque s’exprimer sur le sujet me force à parler, et donc, à ne pas « faire silence ».

 

Il y a le silence que l’on fait en soi, pour réfléchir, travailler, mémoriser, créer, apprendre, pour écouter avant de parler… le silence intérieur pour méditer, se recueillir…

 

Chez les Chrétiens, le silence est primordial pour prier, et dans ce  silence, on attend la parole de Dieu, la voix intérieure. C’est dans ce silence que nait la présence mystique entre l’Homme et Dieu.

 

De nombreux croyants ou non-croyants choisiront de faire une « retraite » dans un Monastère pour y trouver le silence, car c’est dans l’absence de paroles, de mots et de bruits que l’Essentiel de l’Etre ou l’Essence profonde attendue naîtra.

 

Il y a aussi le silence autour de soi, parmi les autres, pour respecter un lieu commun, une bibliothèque, une église, un hôpital, un musée… endroits qui doivent rester calmes, signe de respect et de tranquillité nécessaires.

 

Dans les sociétés occidentales, pour symboliser et marquer la tristesse, on fait silence pour un deuil, on marque quelques minutes de silence. On marche en silence pour une marche commémorative, on se recueille toujours en silence devant la tombe d’un être cher.

 

Il existe le silence dans la « communication » : se comprendre d’un seul regard sans avoir à parler. Chez de nombreuses personnes affectivement très liées, il n’est pas nécessaire de beaucoup parler. La présence seule et la connivence suffisent et nourrissent l’échange, même dans le silence.  Dans la communication encore, le silence peut être très significatif : par exemple le mutisme volontaire pour marquer sa neutralité et son approbation (« qui ne dit mot consent ») ou encore son indifférence, sa soumission, son ignorance, sa lâcheté, son oubli, son désaccord, son mépris…

Parfois, le silence est lié à une souffrance : la solitude non  choisie, le silence d’un prisonnier condamné, l’écrivain libre face à la censure et la dictature du silence…

 

En psychanalyse, le silence est parfois proche du « non-dit », événement non exprimé, voire caché ou implicite. C’est le silence du refoulé ou encore d’un secret, source de souffrance.

 

Le silence fait parfois peur, car assimilé au vide, il nous renvoie à nous-mêmes mais aussi à notre condition d’Etre mortel, d’où sa dimension existentielle et métaphysique. Pour beaucoup, le silence est synonyme d’un néant oppressant, de « bruit » intérieur où le mental génère des idées négatives et effrayantes. Pascal, dans ses « Pensées », disait : « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ».

 

Le silence est lié au rapport au temps, car cet « instant » du temps, appelé chez les Spirituels l’«Ici et Maintenant», permet de saisir le temps et de vivre pleinement l’ «instant présent».  Le silence est un des éléments importants de la philosophie asiatique et du Zen car il est lié à notre Nature profonde et la plénitude de notre existence. Se taire au fond de soi, arrêter les vagues du mental afin qu’il s’apaise, laisser la pensée se faire plus intuitive et la présence à soi plus dense. 

En musique, silence et notes sont intimement liés, le silence est nécessaire pour ponctuer la phrase musicale et mettre en valeur un thème, une nuance, un instrument, un enchainement. Il peut aussi créer une émotion, un étonnement, une tension dramatique. Il permet de captiver l’oreille de l’auditeur par le vide, l’attente d’une note. En littérature, le silence ou la pause enrichissent les mots et la ponctuation d’un texte ou d’une poésie.

 

Dans notre société en changement permanent et souvent bruyant, accompagné d’images et de sons multiples liés aux multimédias, le silence est presque devenu un luxe. Avoir un moment de silence pour soi reste privilégié. Nous sommes dans une société de communication, de langage, d’échanges sociaux et internationaux ; le mouvement perpétuel de tous ces échanges accélère notre rythme, nous sommes connectés à tout instant, jusqu’à en être parfois aliénés, esclaves. Pris dans ce tourbillon quotidien et confus, il devient difficile de casser ce rythme pour revenir au calme et au silence. Ainsi, le silence n’est pas - ou plus - une évidence !

 

Pourtant, sans silence, il devient difficile de privilégier la Pensée car le bruit nuit souvent à la concentration, la réflexion, l’observation, l’approfondissement et le raisonnement mais aussi les bons choix. Car le silence éveillé, lucide, serein, donne à l’intelligence sa vraie clarté.

 

Dans la vie quotidienne, je peux tuer le bruit par un autre bruit : une télévision allumée en permanence, une musique sous casque dans les transports… je crée un bruit, mais c’est « mon » bruit, pour me créer mon propre monde, mon propre silence que personne ne pourra entendre. Ainsi, je m’isole des autres en créant, par mon silence, une « distance ». Car le silence a aussi ses bienfaits, il permet de se ressourcer, se reposer, retrouver l’apaisement ou tout simplement « faire le point ».

 

Dans la nature, je peux apprécier le silence qui me permettra d’entendre le bruissement des feuilles dans le vent, le bruit des gouttes de pluie, le crépitement du feu dans la cheminée, la magie du chant d’un oiseau…

 

Dans certaines pratiquent spirituelles, le silence est un des premiers apprentissages : se taire pour apprendre à écouter pleinement le monde extérieur et sa réalité à travers ses sens. Ne pas parler, c’est aussi le symbole de l’humilité de ne pas s’exprimer dans l’ignorance, savoir se taire, réfléchir, accueillir le discours et les échanges. Mais ne pas parler ne signifie pas ne pas penser. C’est l’écoute et l’observation qui permettent d’apprendre, de stimuler sa méditation et réflexion intérieure afin de saisir le contenu de la vie, ses symboles, sa profondeur, sa Vérité. Par son travail sur lui-même dans le Silence, le sujet accède à une autre dimension hors de la Parole, du Verbe et de l’Ego pour accéder à une dimension spirituelle, un autre niveau de conscience, la Sagesse, l’Harmonie.

 Allez… chhuuuuuttttttttttt !!!!

Voici quelques citations à partager

– silencieusement ou non -

avec votre entourage :

 

« Qui sème le silence récolte la paix ». PROVERBE THAILANDAIS.

 

« Lorsqu'on vient d'entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui". SACHA GUITRY.

« Qui peut entendre en silence ce qui lui déplaît, aura ce qui lui plaît ».  PROVERBE ARABE.

Je n’ai jamais rien appris pendant que je parlais”. LARRY KING.

« Apprends le silence et tu apprendras à entendre ». FRANK PATRICK HERBERT.


« Le silence accoutume à la réflexion ». PROVERBE GREC.


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